Denis Frajerman
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Le compositeur Denis Frajerman, membre du collectif Palo alto, avoue une passion post-exotique pour les insectes en particulier et la faune en général dont l’enregistrement constitue la base de ses bandes magnétiques.
Il est également membre du duo Polonium 84, du quartet DAM, du Frâjerman String Quartet et producteur du groupe de nightmare-pop ukrainien The Blizzard Sow.
Fortement lié à l’écrivain Antoine Volodine autour de l’oeuvre duquel il écrit son premier album solo « Les Suites Volodine » (Noise Museum/Naïve, 1998), il partage avec cet auteur un goût prononcé pour les ambiances envoûtantes, l’humour noir, la sorcellerie.
Volodine et Frajerman ont également collaboré à deux reprises pour les créations « Des Anges Mineurs », oratorio post-exotique pour ensemble de 6 musiciens, cantatrice, narrateur, danseuse et videaste (La Cigale, 2000) et « Vociférations », cantopéra, pour 11 musiciens, commande des Ateliers de Création Radiophonique sur France Culture (2004). La diffusion sur Radio France de cette dernière œuvre fut suivie d’une résidence au Lieu Unique, scène Nationale de Nantes, pour la version de concert.
Mélange de bandes électroacoustiques, d’écriture contemporaine, de mélodies d’Europe Centrale et d’improvisations, la musique de Denis Frajerman s’allie régulièrement à la danse contemporaine, le cinéma et la radio.
Albums
Macau Peplum
Label: Noise Museum
Date de sortie en France: 04 Janvier 2000
Ce Macau Peplum a été composé entre 1997 et 1999. Ici, envolés les ustensiles de cuisine qui servaient au précédent album, Fasmes ; des musiciens sont arrivés, avec leurs instruments. Saxophones (tenus par l’excellent ” Jap ” BARBERI, comme d’hab’), claviers, violon, basse, clarinette et cornet contribuent aux temps forts de cet album sans jamais le plonger dans le jazz, ni dans le rock, ni à vrai dire dans un style précis. Les percussions (on remarque Hervé ZENOUDA, souvent présent dans les disques du label Trace Records, au zarb) sont nombreuses sans toutefois donner l’impression d’une musique ethnique ; chœurs et voix féminines sensuelles réhaussent encore le côté mystérieux des compositions… mystérieux car inclassable musicalement et innovant. Le disque comporte même un bonus de 1996, Le Voyeur, longue pièce où instruments (sax, guitare, cornet, accordéon et zarb), voix et souffles recréent un univers de court métrage, dont l’ambiance cadre pourtant parfaitement comme ” suite ” de Macau Peplum. Malgré toutes ces originalités et bruitages sonores, Denis FRAJERMAN n’en oublie pas l’essentiel : la mélodie, présente à chaque instant, tantôt inquiétante, tantôt joyeuse, qui prend plaisir de temps à autre à lorgner du côté de l’Orient, sans en avoir l’air…
Les Suites Volodine
Label: Noise museum
Distribution en France: Naïve
Date de sortie en France: 20 Avril 1999
C’est la lecture intense des livres d’Antoine Volodine qui incite Denis Frajerman a composer les suite Volodine . Il décide de faire parvenir ses compositions à l’écrivain. Ce dernier est marqué par cette musique qui parle explicitement et fait si bien ressortir l’atmosphère de ses textes. Denis Frajerman a le projet d’en faire un album. Antoine Volodine décide d’écrire un texte inédit pour la pochette du CD et pour accompagner la sortie de ce disque et en fait du “double projet”, qui nous rappelle avec engouement les grandes rencontres inéluctables des compositeurs, écrivains et peintres du 19ème siècle et début du 20ème.
C’est une musique franche, envoûtante, pleine d’obstacles surmontables, ineffable presque, qui vous rend sainement mal à l’aise et qui est aussi bien quasiment indissociable de la lecture des écrits de Volodine que, en même temps, totalement indépendante de tout autre support et activité pour une écoute et une compréhension parfaite et une entente avec soi même.
Les compositions de Denis Frajerman se concentrent sur une longue période de textes de Volodine. En effet “Le montreur de cochons” (titre n°4) s’inspire d’un des premiers livres “Lisbonne dernière marge” alors que “Incendie dans un cimetière chinois” (titre n°2) fait appel à un des derniers, “Le Port intérieur” (ed. de Minuit).
Fasmes
Label: Museum records
Date de sortie en France: 01 Janvier 1999
Après la très réussie transplantation de 1’ex-bassiste de Palo Alto dans 1’univers de Volodine (cf. 1’excellent Suites Volodine paru il y a un an), Denis Frajerman nous offre un album pur et dur, bref pas exactement du Nana Mouskouri — encore que… Non, séparé en trois phases, ce fasme-là n’a pas d’insectoide que le nom puisque la premier suite, assez aride mais servie par un son splendide, nous plonge plus dans la microtonalite minimale que dans les suites plus colorées du précèdent album Frajermanien. Apres trente minutes donc d’une certaine aridité electronica, le son commence lentement a decoller, retrouvant alors des territoires plus habituels, ou tout moins ceux que 1’auditeur peut attendre d’un tel musicien, entoure ici de Regis ‘frith’ Codur (guitare), Eric Roger (cornet), Herve Zenouda (zarb), Jacques Barberi (saxo) et Sandrine Bonnet parfaite en rôle de gremlin musical.
La phase 3 quant a elle nous replonge définitivement dans des univers plus habituels et toujours aussi brillants. Usant de bruitages divers et inventifs (de la marmite au koto en passant par des bandes diverses), la musique se fait mémoires insectoïde elle-même et sait donc se diversifier, s’épandre et remplir 1’espace sonore. Avec cette montée en puissance progressive, Frajerman lot un album peut-être plus radical que le précèdent mais au moins tout aussi passionnant. A quand la Phase IV?
Jerome Schmidt Artzero Magazine