Kenny Werner

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La reconnaissance unanime dont Kenny Werner bénéficie auprès de ses pairs s’est construite tout au long des diverses étapes de son périple musical. Le talent et la pédagogie de Kenny lui ont permis de se bâtir une réputation internationale et de participer à nombre d’aventures musicales avec les plus grands noms du Jazz. On lui doit également en partie l’apparition de jeunes talents comme Brad Mehldau ou Chris Potter, car si le talent de ces instrumentistes est évident, la méthode avant-gardiste d’enseignement de Werner a permis l’épanouissement total de ces jeunes prodiges.
Aujourd’hui, il est temps pour Kenny de sortir de l’ombre et d’affronter un public plus large qui succombera à n’en pas douter au talent extraordinaire de ce pianiste hors normes.

Encore au lycée, il intègre la prestigieuse Manhattan School of Music au sein de laquelle il acquiert une solide formation classique et finit même par obtenir la place si convoitée du concertiste.
Ainsi armé, il laisse désormais de plus en plus libre cours à sa sensibilité pour les formes ouvertes et s’oriente tout naturellement vers l’improvisation et le Jazz. Il lâche la formation classique en 1970 pour s’inscrire à la Berklee School of Music de Boston. Il y rencontre des professeurs qui lui enseignent la dimension spirituelle de la technique et de l’improvisation.
Fort de ces nouveaux concepts, il va dorénavant développer un style complètement personnel qui deviendra reconnaissable entre tous.
1977 verra la réalisation de son premier album solo, présentant un répertoire original à base de standards rares de musiciens mythiques comme Bix Beiderbecke, Duke Ellington, James P. Johnson ou George Gershwin.

L’album est remarquable et remarqué. Kenny se trouve ainsi contacté par Mingus lui-même pour participer à ce qui sera la dernière session du contrebassiste, éditée sous le titre " Something Like a Bird "…une sacrée carte de visite lorsqu’on connaît l’exigence de Mingus en ce qui concerne les pianistes.
Porté par cette expérience, Kenny enregistre, en 1981, son premier album de compositions originales, " I Beyond the Forrest of Mirkwood ", suivi d’un second " 298 Bridge Street " la même année.

Il entame ensuite une collaboration avec Archie Shepp, qui l’emportera tout autour du monde dans une suite de tournées très stimulantes jusqu’en 1984, lorsqu’il rejoint le grand orchestre de Mel Lewis pour qui il composera de nombreux morceaux. Il poursuit simultanément une carrière sous son nom faite de concerts solo donnés un peu partout en Europe et de duos prestigieux avec Rufus Reid, Ray Drummond ou encore Jacky Byard pour ne citer que ceux-là.
Les distinctions honorifiques s’accumulent alors et notamment de la part de la National Endowment for the Art, qui le récompense par deux fois en 1985 et 1987. En 1988, après sept années de complicité musicale, le trio constitué en 1981 par Kenny avec Ratzo Harris (basse) et Tom Rainey (batterie), saute le pas et enregistre un album pour Sunnyside Records : " Introducing the Trio ". Ce premier pas sera suivi d’un second opus en trio puis d’un troisième en quintet avec des pointures comme Randy Brecker, Joe Lovano et Eddy Gomez.

La production de Kenny s’accélère alors. Au début des années 90, Kenny entame une collaboration avec le label Concord Jazz. Il enregistre une première performance solo dans le cadre du Maybeck Recital Hall Series, un duo avec le saxophoniste Chris Potter, puis un trio " Live at Visiones " qui marque la fin du trio complice qui avait fait ses débuts quelques 15 années auparavant.

Parallèlement à tout ceci, Kenny entreprend une brillante carrière de pédagogue à la New York School of Music. Chris Potter et Brad Mehldau sortent de sa classe d’improvisation. Son enseignement prône une méthode révolutionnaire, où au-delà d’une parfaite maîtrise du rythme, de l’harmonie et de la mélodie, le musicien doit être capable de " tout oublier " au moment du jeu, pour se mettre en condition de relais pour accueillir la musique et non la " fabriquer ". Cette théorie est reconnue internationalement et à été récemment résumée par Kenny Werner lui-même, dans un ouvrage qui fait déjà référence absolue auprès des musiciens : Effortless Mastery.

Cette approche si particulière a permis a Kenny de développer un style si personnel et en même temps si versatile qu’il lui permet de s’adapter à toutes les situations et tous les contextes musicaux avec une aisance sans pareille. Que ce soit sur " A Delicate Balance “, enregistré en 1997 avec Dave Holland et Jack DeJohnette (BMG France), ou bien dans l’ambitieux et intimiste " Beauty Secrets " sorti en 2000 chez BMG France, Kenny Werner affirme une fois de plus sa personnalité musicale et son attitude basées sur plus de vingt ans de réflexion et d’évolution au sein de contextes et d’expériences sans cesse renouvelés.
L’album "Form and Fantasy” est paru en 2001 chez night bird music.
Son prochain opus est prévu pour l’automne 2002.

Albums

The Institute of Higher Learning

Label: Halfnote
Distribution en France: Naïve
Date de sortie en France: 01 Octobre 2011

Pour faire suite à son dernier album solo sorti sur le label OutNote, Kenny Werner est parti à la rencontre de son Big Band Européen favori : Le Brussels Jazz Orchestra. L’orchestre bruxellois et Kenny Werner ont dessiné ensemble un tableau vivant de compositions inspirées et de jeu exceptionnel. « The Institute of Higher Learning» met en avant “Cantabile”, une suite remarquable en trois parties, qui renforce de façon singulière la place occupée par Kenny Werner parmi les musiciens de l’avant garde du jazz. La texture, le rythme, des cascades de couleurs tourbillonnantes qui composent cette œuvre sont dédiés à Bob Brookmeyer, le mentor de Kenny Werner.

Kenny Werner - The Institute of Higher Learning

Balloons

Label: Half Note
Distribution en France: Naive
Date de sortie en France: 15 Mars 2011

Kenny Werner rassemble ici un groupe remarquable d’associés tel que -Randy Brecker, David Sanchez, John Patitucci, Antonio Sanchez, pour un examen en profondeur de quatre classiques servant tous de vitrine à l’approche singulière de composition de Werner et celle d’improvisation du groupe. Les chansons sont pleines d’entrain, lyriques, permettant d’évoquer à la fois un air méditatif et la fantaisie naturelle qu’ont les enfants lorsqu’ils jouent. Les enfants en question ici font partie des meilleurs jazzmen, et Werner quant à lui est l’un des créateurs les plus fascinants que compte le jazz. Il ne fait ici qu’accentuer la sophistication de cet album. Les connexions qui sont créées ici nous emmènent à un endroit, où comme le dirait Werner, « la musique se joue essentiellement elle-même ».

Kenny Werner - Balloons

No Beginning No End

Label: Half Note
Distribution en France: Naive
Date de sortie en France: 24 Aout 2010

Musicien hors-pair, vainqueur en 2010 du célèbre Guggenheim Fellowship Award, Kenny Werner nous propose avec No Beginning No End une œuvre majeure, aussi bien en ce qui concerne la forme de l’œuvre que par son propos : Dédié à sa fille morte dans un accident, cette pièce pour cuivres, voix & cordes est une œuvre ambitieuse d’une beauté exceptionnelle. En effet, cet hommage personnel et profond à sa fille Katheryn est une combinaison très réussie de musique composée et improvisée.
A la fois classique et jazz, interprétée par presque 100 musiciens et magnifiée en ses plus belles parties par l’apport exceptionnel du grand saxophoniste Joe Lovano et de la chanteuse Judi Silvano, « No Beginning No End est la pièce la plus importante que j’ai jamais écrite » déclare Kenny Werner.

Kenny Werner - No Beginning No End

Lawn Chair Society

Label: Blue Note
Distribution en France: EMI
Date de sortie en France: 01 Mars 2007

En près de trois décennies d’activité musicale, Kenny Werner a acquis une réputation de pianiste et compositeur des plus inventifs dans le domaine du jazz. Avec Lawn Chair Society, il rejoint l’illustre liste d’artistes de Blue Note Records et enregistre la création la plus intrigante et la moins orthodoxe de sa carrière. Il y est rejoint par quelques-uns des meilleurs jazzmen au monde : Dave Douglas à la trompette et au cornet, dans l’une de ses rares apparitions en sideman; Chris Potter au saxophone ténor et à la clarinette basse; Scott Colley à la basse; et Brian Blade à la batterie. Avec l’aide du producteur Lenny Pickett, Werner et le groupe invoquent un subtil mélange d’éléments acoustiques et électroniques. Le résultat est une production mélodiquement riche au son futuriste et aux résonances politiques, qui excelle par la désinvolture virtuose de Kenny Werner.

Kenny Werner - Lawn Chair Society

Form and Fantasy

Label: night bird music-NBM
Date de sortie en France: 01 Janvier 2001

Dans cet album, Le voile est levé sur une partie des influences de ce pianiste à peine quinquagénaire, natif de Brooklyn et sideman jadis fort prisé par bon nombre de pointures -Mingus, Henderson ou Chico Freeman, pour n’en citer que trois : les titres sont d’ailleurs pour le moins explicites, qui saluent Thelonious Monk (Amonkst) pour commencer et Bill Evans pour finir (Bill remembered puis Time remembered). Entre les deux, la palette des choix et des couleurs s’agrandit : Miles Davis, Herbie Hancock (sublime Dolphin dance), mais aussi Eric Clapton (Tears in heaven) et Jean-Sébastien Bach, dont il reprend sur près de douze minutes la Sicilienne, abolissant la frontière entre fidélité à la partition et prolongements improvisés.

Une créativité éblouissante qui contamine rapidement les irréprochables Weidenmüller et Hoenig, auxquels le leader ne réserve pas que l’arrière-plan rythmique (splendides solos du batteur). Form and fantasy : des cadres finalement plutôt conventionnels pour le déploiement d’une poésie sans limites, l’imaginaire se nourrissant en définitive des formes imposées pour mieux les dépasser. Première référence du label Night Bird Music, lancé par Jean-Jacques Pussiau dans la lignée du défunt Owl Records (dont on réédite aujourd’hui une dizaine d’enregistrements), voilà un disque presque parfait. Presque, par simple prudence : une mention discrète au dos de la pochette nous informe qu’il y aura une suite. Peut-être encore plus belle, si la chose est possible.

Bernard Quiriny Chronique Art

Kenny Werner - Form and Fantasy