Leon Parker

En quelques disques “Above and below” , “Awakening”, et surtout "Belief’, d’innombrables concerts, et pas mal d’annulations, Léon Parker a révolutionné l’art de la batterie.
D’un caractère entier, mais d’une sincérité totale, il a avec une batterie plus que minimale, inventé de nouveaux rythmes et surtout une nouvelle musique.
Avec son complice Steve Wilson au saxophone, il va s’en donner à coeur joie aux percussions, à la batterie, à la voix, il nous invite à entrer dans sa musique à se déplacer dans sa musique, à être dans l’instant. Il nous la donne avec joie et spiritualité.

Ce fort personnage, souvent ombrageux, ainsi résident quelque temps à Toulouse, nous n’aurons pas pu le rencontrer ni l’entendre, est né le 21 août 1965 à White Plains, New York. Ses relations tumultueuses avec Jacky Terrasson depuis 1993 sont dignes d’un soap opéra.

Une cymbale, une seule, une caisse claire, une grosse caisse, pas de toms ou un seul, pas de hit-hat, et derrière le batteur le plus intriguant du moment, Léon Parker. En concert il ne joue souvent que de la seule cymbale.

Un long bout de chemin avec Jacky Terrasson, une personnalité forte qui fait parfois la terreur des organisateurs, et voilà en pleine lumière un véritable homme-orchestre compositeur, percussionniste de génie qui fait avancer le jazz. Ses maîtres sont Ben Riley et surtout Roy Haynes.

Léon Parker est un homme libre, un inventeur de sons qui refuse les cérémonies mortuaires de retour aux racines, tout en étant fidèle aux racines (Art Blakey, Roy Haynes…). Il veut perpétuer un jeu basique, essentiel comme un tambour d’Afrique, une vérité retrouvée où toute mélodie est rythme.

Léon Parker a pris le parti d’élargir son espace de musicien plutôt que l’espace de sa batterie. Sa technique n’est pas voyante, sa musique elle, est chatoyante.“Jouer ce que j’aime, sans se mentir, sans mentir” proclame-t-il, et avec son ami Steve Wilson au sax alto, et d’innombrables percussions, il essaie de faire une musique simple ouverte au monde. La voie de l’improvisation sera sa voie sacrée. Sa recherche d’un vérité le conduit à une approche mystique de la simplicité. “The simple life”, dit un de ses albums, et la vie simple coule le long de ses percussions.

Léon Parker cherche l’essentiel, et à partir d’une bribe de mélodie, d’un lambeau de rythme, il bâtit des couleurs, des évidences, des sources fraîches de musique.

“Ma musique s’adresse à ceux qui sont ouverts”.
Et lui, Léon Parker est branché en prise directe sur les vents du monde, surtout ceux des mers chaudes d’ailleurs, car un parfum entêtant des Caraïbes, une odeur d’Afrique, se mêlent aux bruits de la rue de New-York.

Dans son minimalisme recherché, il va vers les premières sources de la musique, aux débuts du son. Il veut faire de la magie sonore où tout devient incantation, musique des tripes et des tribus.

Seule la percussion peut l’amener dans ce pays réel et imaginaire. Et il joue avec des gourdes, des grelots, des cloches, beaucoup de cloches, un steel band, et des ratons laveurs.

Un jazz élargi à la planète fait se lever tous les rythmes qui courent le long de la planète bleue. Comme Steve Coleman, dans une autre approche, il crée une musique nomade avant tout vivante. Musique plurielle s’il en a.it

Batteur conceptuel, il essaie d’approcher la sève sous l’écorce des tambours, et préfère retrouver les percussions qui vibrent plutôt que d’être un simple batteur.
Grand sorcier des sons, il prépare ingénument des arcs-en-ciel pour le jazz.

Albums

Awakening

Label: Sony-BMG
Date de sortie en France: 01 Janvier 2005

Leon Parker - Awakening

Above & Below

Label: Sony
Date de sortie en France: 19 Février 1994

Leon Parker - Above & Below