Willard Grant Conspiracy

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Albums

Pilgrim Road

Label: Loose / Glitterhouse
Date de sortie en France: 01 Janvier 2008

Porté à bouts de bras par le massif Robert Fisher, Willard Grant Conspiracy est une formation assez discrète qui n’a jamais conquis véritablement le cœur de la critique mais qui, pourtant, d’album en album, n’a cessé d’enfoncer le clou d’une musique aussi sombre que majestueuse. le genre de musique qui ne s’impose pas sur une simple écoute mais dont on découvre les charmes et la subtilité au fil du temps. Composé et joué par Robert Fisher et Malcolm Lindsey, “Pilgrim Road” compte aussi la participation d’une quinzaine de musiciens ainsi que d’une chorale. Un ensemble impressionnant qui donne une belle profondeur de champ et une grande richesse harmonique que l’on avait pas entendu depuis peut-être depuis Nick Cave ou les Tindersticks. Sans faire pour autant dans le chef-d’œuvre absolu, peut-être par manque d’un ou deux titres qui emportent tout sur leur passage, “Pilgrim Road” reste malgré tout un album superbe, porté par la guitare, le piano, et surtout la voix et la voix d’un Robert Fisher plus bouleversant que jamais.

Willard Grant Conspiracy - Pilgrim Road

Let it Roll

Label: Loose / Glitterhouse
Date de sortie en France: 01 Janvier 2006

Brancher les guitares et jouer. Tel pourrait être en résumé l’état d’esprit de Robert Fisher et de ses acolytes sur ce sixième album studio de Willard Grant Conspiracy.
Depuis 10 ans déjà, ce groupe américain délivre un rock US abreuvé de country, de blues psychédélique et de rock-garage à travers des albums fleuves solidement charpentés autour des guitares et de la voix maltée de leur chanteur. “Let It Roll” est l’album d’un groupe de gros rouleurs qui a arpenté la scène pendant deux ans des deux côtés de l’Atlantique. Ce n’est pas un live mais il témoigne d’une machine parfaitement huilée, lancée à pleine puissance, maîtrisant un son dense, parfois lourd et souvent profond. Cela s’entend. Aussi bien dans les quelques ballades déchirantes qu’il nous livre une fois de plus que dans les déferlements soniques qui font également partie de sa panoplie. Rien de neuf sous le soleil diront les fans de “Mojave”. Certes. Mais le plaisir de ces artisans-là est palpable à en juger par la longueur des formats de chansons (6 minutes en moyenne par titre) et par leur capacité à transformer la moindre mélopée country en quelque chose d’universel. Au chapitre des vraies réussites, il y a “Distant Shore” et sa trompette martiale qui sonne comme l’appel déchirant du Major Sullivan Ballou sur le champ de bataille, “Let It Roll” et son mur de guitares qui avance comme un feu roulant. Il y a aussi “Skeleton”, sorte de complainte soul flottante et, plus loin, une version hallucinée du “Ballad of The Thin Man” de Bob Dylan. Le groupe s’égard un peu quand il se met à frotter la corde sensible du violon : le mièvre “Dance With Me”, “Breach” qui s’éternise. Seul “Flying Low” et ses cordes virevoltantes comme un essaim d’abeilles font vraiment la différence. Plus inattendu est le titre pop “Crush” avec sa mélodie eighties à la Echo and the Bunnymen. Enfin l’album se clôt honorablement par deux ballades estampillées Johnny Cash (“Mary of The Angels” et “Lady of the Snowline”) sans provoquer de feu d’artifice.
Un tiers rock (Magnolia Electric Co.), un tiers country (Walkabouts), un tiers hybride (Lambchop), “Let It Roll” est un album organique, plutôt hétéroclite et moins miné par la déprime que ses prédécesseurs. Mais n’allez pas conclure à un changement radical d’orientation, il s’agit toujours de paysages désertiques immuables, de mélodies linéaires et de timbres gutturaux à la limite de la fêlure. Pour amateurs du genre.

Luc Taramini pour Pop News

Willard Grant Conspiracy - Let it Roll